Hier j'avais de l'inspiration, je savais bien que j'aurais dû noter tout ce que j'avais en tête mais le sommeil était plus fort. Tant pis, on efface tout et on recommence, encore une fois. Je ne m'aime pas particulièrement mais je ne parviens même pas à me détester. Je suis toujours dans la modération. Mais pourtant j'aimerai vivre dans l'exagération, être sans cesse dans l'excès, c'est une manière comme une autre de se sentir exister après tout. Pour l'instant je ne suis rien, je suis passive, je n'agis pas, je laisse aller les choses. Qu'est-ce qui me pousserait à prendre des initiatives de toute manière? J'aimerai qu'il se passe quelque chose dans ma vie, j'ai besoin de changement, je ne pourrai pas continuer comme ça. Je ne suis jamais réellement euphorique, ni particulièrement triste, à la place il y a cette mélancolie omniprésente et si lancinante... J'ai l'impression d'être enfermée dans la monotonie de mon quotidien. Je ne vis pas réellement, c'est comme si j'étais déjà morte.
Qui me lis? Qui puis-je intéresser par mes textes à part moi-même?
J'écris, je parle de tout et de n'importe quoi, ça fait un beau bordel en fin de compte. Mais je veux tout dire, c'est impossible mais j'essaie tout de même de tendre vers cette douce utopie. Je ne veux rien oublier, je veux tout retranscrire. J'ai peur de ne pas avoir le temps. Peur de ne pas avoir le temps de tout faire, peur de ne pas avoir le temps de vivre réellement. Mais pourquoi ai-je si peur? Je n'ai rien à faire, rien à réaliser à part ses choses qu'on appelle des rêves et dont, sans aucun doute, je ne verrai jamais la couleur.
Tu sais au font ce dont je rêve c'est qu'un grand bonheur s'abatte sur moi, brusquement, que ça arrive à l'improviste, que je n'ai même pas le temps de le prévoir, ni celui de me poser des questions. Toutes ces questions qui m'embrouillent l'esprit et se fixent à mes pieds comme un boulet, que je traîne inlassablement, incapable de m'en défaire.